N°86
Mai/Juin 2022
FEDERATION

FNAIM : « Nous nous attèlerons à placer le logement sur le devant de la scène »

ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES, RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE, POLITIQUE DU LOGEMENT

Le président de la FNAIM veut clore son mandat sur des actions concrètes. Avant la fin de son mandat et celui du président de la République Emmanuel Macron, Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim souhaite clore certains dossiers et transmettre le témoin dans les meilleures conditions. Il nous détaille ses objectifs pour 2022 et les mesures qu'il aimerait voir entérinées avant son départ.

L'UNIS, PLURIENCE et la FNAIM ont rédigé un Agenda Logement 2022. De quoi s'agit-il ?

C'est une feuille de route qui dresse la liste des enjeux et des priorités essentiels à appliquer dès le lendemain de l'élection présidentielle pour éclairer le débat et apporter des réponses concrètes. Nous demandons d'abord à ce que soit créé un ministère de l'Habitat avec un ministre de premier rang qui sera capable de gagner ses arbitrages budgétaires, et d'imposer une vision globale du logement allant du neuf à l'ancien, sans oublier la rénovation énergétique et l'aménagement du territoire. Car, dispersée entre plusieurs ministères et plusieurs administrations, la politique du logement n'a pas aujourd'hui le poids et la cohérence qui lui permettrait d'être efficace.
Nous souhaitons aussi la révision du statut du bailleur privé, celui-ci doit être organisé pour préserver les intérêts du bailleur, mais également ceux du parc privé locatif, un segment très important pour le logement des Français. Un changement doit être opéré dans le sens d'une neutralité fiscale entre le neuf et l'ancien par rapport à tout type d'investissement immobilier. Trop hétérogène, la fiscalité actuellement appliquée doit être simplifiée et harmonisée, en prévoyant une aide unique de droit commun : la généralisation de l'amortissement durant toute la durée d'exploitation du bien. Celui-ci sera un gage de pérennisation de l'investissement au service du locataire, en renforçant les capacités d'autofinancement des propriétaires bailleurs, facilitant ainsi le mouvement de rénovation. Il sera aussi un facteur de modération des loyers.

Qu'en est-il des autres points prioritaires ?

Notre troisième priorité est la révision du calendrier énergétique, en s'inspirant du calendrier européen qui est tout aussi ambitieux, mais plus efficace puisqu'il permet une réelle éradication des logements très énergivores à horizon 2033, y compris les biens qui font l'objet d'une mutation. Nous proposons un alignement sur cette stratégie, en prenant en compte les résultats du nouveau DPE, en mobilisant utilement l'instrument du Plan pluriannuel de travaux en copropriété. Enfin, nous voulons mieux associer les collectivités territoriales : L'État doit intégrer les collectivités dans les objectifs de rénovation énergétique et de logement, afin que ces politiques soient mises en oeuvre en fonction des réalités locales.

Nous sommes en période d'élections présidentielles. Trouvez-vous que le logement peine à s'imposer dans les débats ?

Oui, et cela s'explique par le fait que les gouvernants n'ont aucun doute sur le dynamisme de l'activité immobilière : le marché de la transaction a fonctionné à plein sous ce quinquennat, le parc privé locatif - quoi qu'on en dise - a également joué son rôle et la réforme du logement social est assez peu critiquée.
Une fois ce constat de surface fait, on peut quand même s'interroger sur ce qui sera engendré par la loi Climat et Résilience, notamment concernant le « zéro artificialisation nette » et les objectifs de la rénovation énergétique. Selon moi, personne aujourd'hui n'est qualifié pour donner l'impact réel de ces mesures sur le logement des Français. Le sujet est technique et nous n'avons aucune vision sur son avenir, on entend finalement peu de personnes sur le sujet, si ce n'est pour exprimer les poncifs habituels, à savoir « encadrement des loyers, logement social et toujours plus de constructions ».
Quelle que soit l'issue des élections, nous nous attèlerons à placer la question du logement sur le devant de la scène. Notre rôle est d'être présents : la mise en oeuvre d'un bouclier tarifaire ou de la rénovation énergétique dans les copropriétés ne peut se faire sans les syndics, de même que de nombreuses dispositions dans le parc privé locatif nécessiteront un accroissement de la présence des professionnels.

Le marché commence à se contracter. Une correction est-elle en vue ?

Difficile de se prononcer. Une correction des prix peut se poursuivre à Paris, sans effondrement, mais ce n'est pas du tout le cas concernant la province. Mais quoi qu'on en dise, les taux d'intérêt restent plutôt bas et l'inflation incite aussi les Français à acheter de l'immobilier.

La hausse des coûts du bâtiment va se poursuivre. Êtes-vous inquiet ?

Tout à fait. On commence à en voir les effets notamment en copropriétés, où nous ne sommes plus en mesure d'avoir des devis garantis à plus d'un mois ! Cela ne correspond évidemment pas à la temporalité de nos prises de décision en copropriété quant à la possibilité de se projeter sur des travaux importants. Quant à la rénovation énergétique, cela pourrait avoir pour effet d'exclure un certain nombre de propriétaires dans leur capacité de passer à l'action, à leur impossibilité à financer acquisition et rénovation.

LES ACTUS DE LA FNAIM

Lutte contre les discriminations : la FNAIM appelle à une formation urgente des collaborateurs d'agences immobilières

« La requête de SOS racisme a révélé que les agences immobilières ont encore des progrès à faire. Dans ce contexte, la formation est nécessaire même si je constate que le rappel à la loi de la part des agences aux contrevenants se généralise, et que les professionnels sont moins discriminants que ne le révélait l'enquête faite il y a trois ans. Cet enjeu est d'autant plus important que si l'on souhaite être tiers de confiance demain, nous ne pouvons pas faire l'impasse sur le sujet. »

Un accord signé entre la FNAIM et le SNPI pour faciliter la diffusion de VESTA

Fin février, La Fédération Nationale de l'immobilier (FNAIM) et le Syndicat National des Professionnels Immobiliers (SNPI) ont trouvé un accord visant à faciliter la diffusion de VESTA : les titulaires d'une carte professionnelle de l'immobilier, adhérents de la fédération ou du syndicat, pourront se fournir auprès de leurs organisations respectives. Une étape majeure pour ce symbole qui permet aux professionnels de l'immobilier d'afficher le caractère réglementé de leur profession auprès des consommateurs.

Congrès FNAIM 2022

C'est annoncé : le prochain congrès de la FNAIM aura lieu les 5 et 6 décembre 2022 au Carrousel du Louvre à Paris. Comme en 2021, sa formule sera hybride avec la possibilité d'y assister en présentiel ou à distance grâce au digital.

La FNAIM est sur Insta

La FNAIM continue à investir les réseaux sociaux et se lance sur Instagram pour encore mieux informer le grand public, notamment pour les consommateurs souhaitant se lancer dans un projet immobilier : location, achat, vente, investissement locatif. Ils trouveront de nombreux conseils pratiques en se connectant à la page : compte @fnaim_officiel.

Rédaction | Marie Hérault Photo | FNAIM

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