N°19
Mars / Avril 2011

L'Espagne, tend à une stabilisation pour 2011

MOTS CLES : Croissance | Baisse des prix | Taux de chômage élevé

Si une nouvelle chute n'est pas exclue selon les économistes, l'Espagne depuis le dernier trimestre 2010 semble avoir retrouvé les chemins de la croissance. Retour à la normale des prix, stabilisation des stocks d'appartements invendus, la péninsule ibérique tente de se remettre à flot. Tendances d'un marché qui se cherche.

+ 0, 2% de croissance pour le PIB fin 2010, une reprise annoncée par la Banque centrale d'Espagne, le 4 février 2011 dernier, l'Espagne qui peine à sortir de l'ornière de la crise manifeste les premiers signes de stabilisation. Le PIB du pays a progressé très modestement entre octobre et décembre (+0,2% d'un trimestre à l'autre et +0,6% sur un an), réduisant le recul du PIB sur l'année entière à un minuscule 0,1%. Pour certains experts économiques, ces données ne sont pas assez importantes pour déclarer que l'Espagne soit sortie de crise. Ben May, économiste chez Capital Economics prévoit « une rechute de l'Espagne en récession marquée en 2011, avec un repli de l'ordre de 1% du PIB ». En soutien de sa thèse, il rappelle pêle-mêle que la consolidation fiscale va s'intensifier cette année, que le chômage reste très élevé, que les salaires vont probablement reculer et que les dépenses des ménages ont toutes les chances de chuter sensiblement.

Espana

D'autres économistes de l'institut d'émission, écrivent que « les stocks de logements invendus ont eu tendance à se stabiliser en 2010 avec quelques oscillations de la demande pour des logements neufs au deuxième et au troisième trimestre 2010 ». Fin septembre, les logements invendus se chiffraient entre 700,000 et 1,1 million d'unités, correspondant à 2,8% et à 4,6% du stock total de logements du pays. Deuxième signe d'un très graduel apaisement, la baisse des prix immobiliers qui a décéléré au cours des derniers trimestres. Pour mémoire, ils ont plongé de 16% en termes réels entre 2007 et le troisième trimestre 2010.

Tendance à la baisse des prix

Chez Sociedad de Tasación, on est convaincu de cette tendance à la baisse. Le président de Sociedad de Tasación ajoute qu'il est possible que l'activité du secteur reprenne et que les prix continuent à baisser cependant il précise : « On ne peut pas savoir de combien vont baisser les prix, mais au vu de l'état de l'économie, il ne semble pas que l'Espagne atteigne les 2,5% de croissance fin 2011, même si on espère que si ». Chez Foro Consultores on affirme que les prix sont déjà stabilisés et que seuls les appartements en location vont voir leur prix continuer à chuter et non dans le neuf. Enfin, Smerdou ne cache pas son pessimisme par rapport au début de l'année avec une impression que rien ne s'est vendu, alors qu'au dernier trimestre de 2010, le marché avait fonctionné malgré une légère baisse. Il note cependant une stabilisation et avertit que les statistiques peuvent surprendre en révélant une hausse des prix en 2011. Il explique qu'il ne faudrait pas nécessairement s'en réjouir : les logements les moins chers se vendent en règle générale en premier. Troisième élément cité par la banque centrale madrilène, la construction de logements neufs va fortement diminuer dans les mois qui viennent.

Brésil

Enfin, les investissements immobiliers vont eux-aussi se stabiliser courant 2011. En 2010, rappelle la Banque d'Espagne, « ce segment des investissements a représenté environ 4% du PIB espagnol ». L'ensemble de ces facteurs plaide en faveur d' « une résorption graduelle de l'offre de logements invendus », juge la Banque. Elle ajoute que « l'investissement résidentiel ne contribuera pas à l'expansion économique dans un futur proche ». Aussi, si l'industrie peine à sortir de l'ornière, l'immobilier, lui, semble manifester les premiers signes de stabilisation si l'on en croît la Banque d'Espagne.

Un contexte économique peu favorable

En outre, la Banque d'Espagne a constaté une amélioration très sensible du stress immobilier des ménages espagnols. Selon une étude, il faut à un ménage espagnol 42,5 années de revenu pour acquérir une habitation en 2008 contre 27,8 années au second trimestre 2010. Une amélioration rapide qui s'explique par le recul des prix immobiliers et la baisse des taux d'intérêt. Toutefois, il ne faut pas oublier la situation calamiteuse dans laquelle se trouvent les ménages espagnols actuellement. Le taux de chômage en Espagne continue de progresser (20,3 % en juillet 2010). Pour ceux qui ont encore un emploi, les salaires sont sans perspectives d'augmentation. L'austérité budgétaire frappe. Par conséquent, les ménages ne sont plus très solvables. Au vu de ce contexte il semble à l'heure actuelle, vain de parler de reprise du marché immobilier en raison d'une solvabilité encore trop faible des ménages et une croissance pas encore assez forte pour crier à l'embelli.

Espana

Gabrielle Mansier

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Expression #19

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